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Exposition Images de Syrie de Michel Eisenlohr

10 juillet 2021  > 14 novembre 2021

Rendez-vous à l'abbaye de Charroux du 10 juillet au 14 novembre 2021 pour l'exposition Images de Syrie de Michel Eisenlohr

Du 10 juillet au 14 novembre 2021, venez découvrir l’exposition Images de Syrie de Michel Eisenlohr à l’abbaye de Charroux.

Né en 1974 à la Ciotat, Michel Eisenlohr est photographe et auteur. Passionné de voyages et de littérature, son oeuvre est exposée dans les galeries, les musées et les festivals en France et à l’Etranger. L’artiste a également publié une dizaine d’ouvrages.

Alors que la Syrie est, depuis plusieurs années, au cœur d’une actualité tragique et douloureuse, le Centre des monuments nationaux a souhaité présenter le travail photographique de Michel Eisenlohr réalisé en 2002 à Palmyre, Damas et Alep, au cœur de l’abbaye de Charroux.
Invité en 2002 au festival d’Alep, Michel Eisenlohr décide de s’y rendre en voiture depuis Marseille avec un appareil photo argentique et le parti-pris du noir et blanc. Après l’étape incontournable de Palmyre, au coeur du désert, où la grandeur, le silence et la poésie se rencontrent, il découvre le foisonnement des couleurs et l’odeur des épices d’Alep puis de Damas. Ce reportage inédit montre la Syrie telle que le photographe l’a découverte et aimée, « sublime, généreuse, parfois secrète ». Il est d’autant plus impactant aujourd’hui au regard de la disparition récente de certains de ces sites.

Du 10 juillet au 14 novembre 2021, l’exposition, avec une vingtaine de clichés, rend hommage à la beauté de ce pays, aujourd’hui partiellement disparue, et aux hommes qui l’ont bâti, aimé et protégé.

A l’heure où ces monuments millénaires ont été détruits méthodiquement, ces clichés sont un témoignage émouvant d’un passé révolu qui questionne les visiteurs non seulement sur l’actualité syrienne mais également sur la préservation des sites à travers les siècles et la mémoire qui y est attachée.

Michel EISENLOHR

Michel Eisenlohr est auteur photographe depuis une quinzaine d’années. Son itinéraire photographique est le fruit d’une passion pour la littérature de voyage, d’un parcours universitaire sur les rites de l’Initiation, et de ce goût de l’autre, qu’il renouvelle à chaque sujet, chaque destination. 
En 1998, la découverte du pays Dogon déclenche ses premières images. Depuis, il poursuit ses voyages en Afrique de l’Ouest, au Proche-Orient, en Inde ou plus récemment en Islande ou à Hong-Kong. Au fil de reportages personnels et des commandes institutionnelles, il s’attache aux paysages urbains, à la mémoire des lieux, aux relations que les hommes entretiennent avec leur territoire.

Avec ces multiples facettes, le travail de Michel Eisenlohr assume une grande liberté artistique, loin de toute école stylistique. Il s’inscrit résolument dans une démarche littéraire et poétique, mêlant la fluidité du reportage et le sens plastique de la composition. 
Le photographe aime s’effacer, laissant toute sa place au spectateur et à son imaginaire. Ce n’est alors plus simplement une image qui est donnée à voir, mais un récit qui est suggéré.

Entretien avec Michel Eisenlohr

-    Comment est né ce projet et combien de temps cela a t’il représenté ?
 
Ayant réalisé un reportage en Afrique de l'ouest, j'ai été invité en 2002 à les présenter au Festival international de Photographie d’Alep. Ce festival, fondé par Issa Touma en 1997, est la première manifestation internationale consacrée à la photographie au Moyen-Orient. Il n’a cessé de rayonner et propose encore aujourd’hui, dans le contexte complexe que nous connaissons, une ouverture culturelle et un regard sur le monde.
Plutôt que de prendre un vol jusqu’en Syrie, c’est en voiture depuis Marseille que j’ai décidé de m’y rendre. À l’instar des Flaubert, Chateaubriand, Nerval ou Hesse qui ont réalisé leur “Voyage en Orient”, j’ai eu envie d’appréhender ce territoire par la route, de prendre le temps de “voir”, tel que pourrait l’être un voyage initiatique. À la place du carnet de voyage, le choix de deux appareils photo argentiques et le parti pris du noir et blanc. Comme livre de chevet, l’ouvrage du poète andalou Ibn‘Arabi, Le Dévoilement des effets du voyage.
 
Après deux journées de route et une traversée en bateau par le canal de Corinthe, j’ai atteint la côte turque à Antalya et poursuivi mon chemin le long du littoral. Le premier contact avec la Syrie a été assez déconcertant. À Reyhanli, un check-point improbable, constitué de modestes cahutes, abritait de nombreux militaires lourdement armés. Une fois passées les formalités d’usage, le plus ancien d’entre eux m'a fait don de l’hospitalité orientale, m’accueillant chez lui pour mon premier repas en Syrie. Reprenant la route, je constatais que la physionomie du terrain changeait totalement, mes repères s’estompaient. Il me semblait que je pénétrais dans un Orient lointain, appréhendé jusqu’à présent uniquement dans les livres.
 
Alors jeune photographe, il s’agissait pour moi d’une véritable rencontre amoureuse avec l’Orient. Cet Orient fantasmé qui m’accompagnait depuis mon enfance à travers les livres des poètes et les épopées des conquérants. Ma vision est donc celle d’un récit poétique, pudique et discret – je l’espère – face à la mémoire des lieux et à l’intimité des êtres.
Carrefour des civilisations, la Syrie connaît ces dernières années une actualité douloureuse et tragique. Palmyre, héritage de notre passé commun, entre Orient et Occident, en est le symbole martyrisé. Ce reportage photographique, présenté aujourd’hui à la lueur de l’actualité, est avant tout un hommage rendu à la beauté de ce pays et aux hommes qui l’ont, au fil des siècles, bâti, aimé et protégé.
Dans ce pays au mouvement accéléré, où jour après jour les hommes fuient, résistent, se terrent, errent, font table rase, il s’agit, pour moi, en diffusant ces images, d’essayer de transmettre l’insondable, une émotion silencieuse qui dépasse le simple fait de capter la réalité. Et s’effacer. Essayer, à ma façon, de transcender le réel pour en manifester le sublime. 
 
-    Quelle technique et appareil utilisez-vous ?
Il faut rappeler qu’en 2002, le numérique est encore à ses balbutiements et peu accessible financièrement. Quant à l’usage de l’argentique, pour moi, cela ne peut être qu’en noir et blanc. Cela me permettait par la suite de faire mes propres tirages, puisque je réalisais aussi cette étape cruciale dans un petit studio à Marseille.

Par ailleurs, le noir et blanc permet plusieurs choses. D’une part de déconnecter le sujet du temps, de laisser planer le doute de l’époque de la prise de vue. Ainsi ces photographies pourraient s’approcher peut-être de celles prises par les voyageurs du début du XXe siècle. Elles ne sont pas « datées ». C’est en tout cas les retours que j’en ai encore aujourd’hui lorsque je les présente. D’autre part, la lumière du Moyen-Orient, comme celle de l’Afrique, est propice à ce choix, car le noir et blanc exacerbe les contrastes, souligne les formes et les volumes. Enfin, le noir et blanc - en argentique particulièrement -  propose une alliance entre précision et douceur. La part d’interprétation au moment du tirage est également décisive.
 
-    Quels sites de Syrie vous ont le plus inspiré ? Avez-vous rencontré des difficultés pour certains sites, par rapport aux prises de vues, à l’inspiration, à la situation politique ?
 
La Syrie que j’ai découverte en 2002 était une terre aimée, sublime, généreuse, inondée de lumière et parfois secrète. Une terre d’héritages, vivant au présent.

Palmyre était la raison d’être de ce voyage, une sorte de point à la fois fixe et imaginaire. Au cœur du site, l’hôtel Zénobia, en référence à la reine qui défia Rome à la fin du IIIe siècle, proposait un point de chute étonnant. Les chambres étaient désuètes et contrastaient avec la splendeur de la terrasse, qui offrait un panorama magique sur le site. On pouvait croire la cité abandonnée au vent, mais elle se révélait habitée par les enfants qui y trouvaient un immense terrain de jeu. Aux abords de l’Arc monumental, il était étonnant de voir les quelques conducteurs de camions, de tracteurs ou de chars militaires traverser ce site millénaire. Une fois les quelques touristes partis en fin d’après-midi, on était un hôte privilégié au cœur de la cité romaine.
-    Quelle est votre formation ?
Depuis une vingtaine d’années, mes pas me portent au gré de mes envies et des commandes dans divers pays, à découvrir des espaces habités, en transformation ou au contraire délaissés. Des lieux qui illustrent la diversité des modes de vie, des croyances et des coutumes, et la relation si intime que l’homme entretient à son territoire. Cette approche commence certainement par l’amour de la littérature de voyage, celle des aventures de Jules Verne ou des expéditions de Marcel Griaule et de Théodore Monod. Celle qui permet d’imaginer, de s’évader par procuration dans deux dimensions complémentaires : le temps et l’espace.

Cet intérêt s’est poursuivi durant mes études de Lettres. La rencontre avec Parviz Abolgassemi, éminent poète iranien, fut décisive. Enseignant à Aix-en-Provence, devenu un ami, Parviz m’a ouvert les portes de la littérature orientale, des grands poètes persans, et attiré mon attention sur les passerelles entre philosophie et religion. J’ai choisis ainsi comme sujet de maîtrise l’histoire des croyances et des rites d’initiation. Grâce à Parviz et à la connaissance de ces textes multiples, j’ai pu prendre conscience de l’importance de la lumière dans les différentes traditions, thème se retrouvant sans nul doute comme en écho dans le processus de l’image photographique.
 
Je pense que ma manière de photographier a été influencé aussi bien par le rythme des mots que par la lumière. Je dirais que j’ai une photographie poétique, qui d'une certaine manière propose un récit. En effet quel que soit le point de départ, voyage, reportage et littérature sont pour moi toujours mêlés. La lecture d'un ouvrage peut être déclencheur d'une curiosité à aller voir. Inversement, j'aime pouvoir découvrir la vision d'écrivains ou d’historiens sur un territoire que je vais arpenter.
C’est lors d’un premier voyage au Mali en 1998, en pays Dogon, que j’ai véritablement commencer à faire mes premières photographies. La lumière de l’Afrique et ses jeux de contrastes sont mes premiers sujets. Très rapidement, j’ai eu à cœur de partager ces images et j’ai commencé à exposer dans plusieurs lieux autour de Marseille et dans des festivals à l’étranger. C’est ainsi que je me suis rendu en Syrie...
 
-          Quels sont vos prochains projets ?
 
Ces dernières années, de 2015 à 2020, j'ai mené un projet au long cours sur le patrimoine fortifié des frontières alpines. Ce projet a été soutenu par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Provence Alpes Côte d’Azur et commandité par plusieurs collectivités territoriales. Au fil des saisons, l’objectif a été de proposer une autre histoire de ces lieux, où la « grande » Histoire côtoie celle de l’infime. Où drame et mystère se rejoignent. Des histoires aujourd’hui silencieuses, intimement liées à un paysage d’une puissance écrasante. Ce travail a donné lieu à une très belle édition Forts des confins aux éditions Arnaud Bizallion, accompagnée par un texte de Bernard Collet.
Aujourd'hui je poursuis plusieurs reportages sur cette thématique sur d'autres territoires.
 
Parallèlement j'amorce de nouveaux projets à l'étranger. A Singapour d'une part, où je souhaite développer ma série "Enclaves urbaines", initiée à Hong-Kong en 2018 et qui a donné lieu à une exposition et une publication. D'autre part, un autre projet au long cours sur les traces des phares construits au XIXe siècle sur le littoral de l'ancien Empire Ottoman.

Expositions (sélection)
* Images de Syrie
Musée d’Archéologie Méditerranéenne, Centre de la Vieille Charité, Marseille (2020-2021) - Galerie Lympia, Nice (2019) - Musée de la Photographie, Toulon (2018) - Site archéologique de Glanum, Saint-Rémy-de-Provence (2017)
* Gardiens des cimes
Briançon, Centre d’Art (hiver 2021) - Galeries d’art du Fort Napoléon, La Seyne-sur-mer (2020) - Sospel, Tende (juin-septembre 2016)
* Enclaves urbaines, Hong-Kong
Musée de la Photographie F11, Hong-Kong (été 2017)
* Huldufolk, Islande le peuple caché
Marseille (décembre 2016 - janvier 2017) – Festival Air d’Islande Paris (avril-mai 2017) - Stockholm (septembre 2017) - Maison de l’architecture du Quebec, Montréal (2018)
* Paris my dream
Hong-Kong, Avenue of Stars, The French May (mai-juin 2015)
* Te lucis ante terminum, monastère de Saorge
Abbaye de Beaulieu sur Rouergue (avril-octobre 2016) - Abbaye du Thoronet (mai-août 2015) - Cloître de la Cathédrale de Fréjus (2014) - Monastère de Saorge (été 2014)
* Palais Longchamp, monumental et secret
Musée-Palais Carnolès, Menton (2012-2013) - Museum d’histoire naturelle, Marseille (2012)
* Sur les traces de Malpasset
Festival PhotoMed, Bandol (juillet 2012) - Festival des Nuits photographiques, Pierrevert (2011)
* Boromo, un hôpital de campagne au Burkina
2e Vagabondages photographiques, Fort Napoléon, La Seyne-sur-mer (2009)
* Impressions d’Afrique
Festival Eté Photographique, Cahors (juin 2008) - Septembre Off de la photographie, Nice (2006) - Festival de photographie de Dubbai, Emirats Arabes (2004) - Villa Tamaris Pacha, La Seyne-sur-mer (2003) - Salla Barna, Barcelone, Espagne - Oils studio, Londres - Festival International de photographie, Alep (2002)
* Aime comme Marseille
Galerie de la Fontaine Obscure, Aix en Provence (2002) - Palais du Pharo, Marseille (2002) - Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix en Provence (2002)
Commandes institutionnelles (sélection)
* DRAC Paca et les collectivités Villes et Pays d’Art et d’Histoire de PACA, « Gardiens des cimes », 2015-2020
* Ville d’Hyères, « Mystérieuse beauté », 2020
* CAUE du Var, « ArchiLumen », 2018
* Association Le temps des Palaces retrouvés, Menton, « Palaces, splendeurs et décadences », 2017-2018
* Centre des Monuments Nationaux, Comité régional de Tourisme Paris Ile-de-France, Galeries Lafayette, « Paris my dream », 2013
* Ville de Menton, carte blanche « Menton Ville d’art et d’histoire », 2014-2015
* Centre des Monuments Nationaux, « Te lucis ante terminum, monastère de Saorge », 2013
* Société EDF, « Equilibres nocturnes, Le Palais Longchamp et la cathédrale la Major mis en lumière », 2013
* Maison de l’Architecture et de la Ville PACA, « Architectures du XXe siècle à Marseille », 2013
Ouvrages
* Forts des confins, Editions Arnaud Bizallion, 2020
* Menton, une ville de palaces, Editions Honoré Clair, 2019
* Images de Syrie, Palmyre, Damas, Alep, Editions Actes Sud, 2017
* Te lucis ante terminum, monastère de Saorge, Haikus de Chantal Robillard, Editions Images du sud, 2014
* Equilibres nocturnes, Editions EDF, 2014
* Le Palais Longchamp, monumental et secret, préface de Rudy Ricciotti, Editions Images du sud, 2013
* Sur les traces de Malpasset, Editions ACC Malpasset, 2010
* Aime comme Marseille, textes de Martine Eisenlohr, Editions Images du sud, 2001

Informations pratiques

Entrée gratuite
Ouverture le mardi, mercredi, vendredi, samedi et un dimanche sur deux de 10h à 11h30 et de 13h30 à 17h30 (dernière admission 45 mn avant la fermeture)

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